"OnDécrypte l'Hebdo" - Fin du suspense pour la présidence de la Fed

Perspectives Économiques et Financières

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Découvrez l'intégralité de notre suivi des marchés de la semaine - 2 février 2026

Dans nos dernières Perspectives Économiques et Financières, nous avons insisté sur la volonté de reprise en main de la Réserve Fédérale (Fed) par l’administration américaine afin d’aligner davantage la politique monétaire avec le projet économique. Vendredi dernier, le président américain a annoncé que Kevin Warsh succéderait à Jerome Powell à la tête de la Fed. 

Dans ses dernières déclarations, Kevin Warsh a défendu l’idée que la Réserve fédérale devrait baisser ses taux d’intérêt de façon plus importante qu’elle ne l’a fait pour le moment, en ligne avec le souhait de D. Trump de conserver des taux de financement bas pour les États-Unis. Un autre point sur lequel K. Warsh est aligné avec la vision de l’administration américaine est l’utilisation du bilan de la banque centrale. Selon lui, le premier programme d’achats d’actifs mis en place en 2008 était justifié pour répondre à la grande crise financière, mais les suivants n’ont fait que soutenir l’inflation et augmenter les risques sur la stabilité financière ; la Fed se serait alors éloignée de ses missions principales à savoir assurer la stabilité des prix et favoriser le plein emploi. Il a d’ailleurs démissionné de son poste de gouverneur de la Fed en 2011 car il n’était pas d’accord avec la politique menée. 

L’annonce de sa nomination a été accueillie vendredi par une baisse des taux courts américains : le taux à deux ans a reflué de 4 points de base à 3,53%, reflet de baisses de taux plus importantes attendues par les investisseurs. Et le dollar reprenait des couleurs, il s’est apprécié de plus de 1% par rapport à l’euro. En effet, K. Warsh connaît bien les marchés, c’est lui qui leur parlait au nom de la Fed en 2008, et il reste très attaché à l’indépendance de la Fed, qui était le point le plus critique pour les marchés. 

Cette nomination doit encore être confirmée par le Sénat, mais les derniers éléments, dont cette nomination, contribuent à rassurer les marchés sur une banque centrale qui devrait rester indépendante. Par ailleurs, si une réduction du bilan de la Fed se mettait à un nouveau en place, comme K. Warsh semble le souhaiter, cela réduirait les liquidités présentes dans le marché et serait susceptible de faire peser un risque sur les actifs les moins liquides, entrainant les primes de risque à la hausse.

Rédigé par

Marie-Edmée de MONTS DE SAVASSE
Responsable OPC Taux

Sommaire

Analyse de l’évolution des marchés :
  • Obligataire par Mathilde GAZIER
  • Actions Europe par Ambre SAADA
  • Actions Internationales par Sophie PONS DUBLANC
  • Le regard de l'analyste par Laurence COLDREY
Analyse Suivi Macroéconomique :
  • États-Unis par Sébastien BERTHELOT
  • Europe par Eloïse GIRARD-DESBOIS et Jean-Louis MOURIER
  • Asie par Louis MARTIN