Le regard du gérant - L’attrait des petites et moyennes sociétés dans le contexte actuel

Le Point de vue de l'expert

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En 2025, les petites et moyennes valeurs européennes ont surperformé les indices de grandes capitalisations.

Par exemple, l’indice MSCI EMU SMID représentant ce compartiment au sein de la zone euro progresse de 25,4 % (contre 20,8 % pour le MSCI EMU). Cette hausse se poursuit en 2026. Outre un environnement de taux plus lisible, les petites et moyennes entreprises sont portées par les dynamiques régionales que nous déclinons au sein de nos Perspectives Économiques et Financières. Le contexte de guerre commerciale et de tensions géopolitiques est propice à la régionalisation des échanges et à la quête de souveraineté de la part des États. La recherche de souveraineté, tant industrielle, énergétique, technologique, sanitaire qu’alimentaire, est en effet un puissant moteur pour les petites et moyennes valeurs cotées. Cette souveraineté concerne les secteurs que nous avons identifiés comme stratégiques, tels que les réseaux électriques, les infrastructures de transport, la défense et le spatial. La quête de souveraineté implique de surcroît de produire localement, de réduire son exposition à la Chine et aux États-Unis et de sécuriser ses chaînes d’approvisionnement.

Rappelons que le chiffre d’affaires des petites et moyennes sociétés est plus local, concentré sur l’Europe. Celle-ci représente, selon notre analyse à l’échelle de la France, 65 % du chiffre d’affaires 2024 des valeurs de l’indice CAC Mid & Small, contre 35 % pour les grandes valeurs de l’indice MSCI EMU.

Aussi, les grandes entreprises ont longtemps bénéficié de l’optimisation des chaînes de production, de l’accès aux matières premières et à une main-d’œuvre abondante et peu chère. À présent, elles doivent relocaliser une partie de leur production, en s’adressant à des partenaires plus domestiques. Dans ce contexte, il est pertinent de considérer des sociétés à caractère plus local, moins dépendantes de la mondialisation pour leur développement.

Les petites et moyennes sociétés devraient aussi bénéficier de moindres contraintes réglementaires, comme le permet la cotation sur Euronext Growth, qui regroupe plus de 500 PME à fin 2025 (source : Euronext). Par exemple, Euronext Growth offre aux sociétés la possibilité de ne pas appliquer les normes IFRS. Pour une PME, la cotation sur Euronext Growth facilite également les levées de fonds. Ainsi, les sociétés peuvent réaliser des augmentations de capital sans prospectus AMF jusqu’à 8 M€, et jusqu’à 50 % du capital social, contre 20 % sur le marché réglementé. La décote autorisée pour un placement privé peut de surcroît atteindre 20 %, soit deux fois celle autorisée sur un marché réglementé.

Rédigé par

Antoine PEYRONNET
Gérant OPC Actions Europe