"OnDécrypte l'Hebdo" - Attendre et voir

Perspectives Économiques et Financières

Temps de lecture : 12 min

Découvrez l'intégralité de notre suivi des marchés de la semaine - Semaine du 4 mai 2026

La semaine passée, un grand nombre de Banques centrales ont tenu leur réunion de politique monétaire. Dans un contexte de fortes tensions géopolitiques, de pressions importantes sur les prix de l’énergie en raison du blocage du détroit d’Ormuz, et de risques de pénuries de certaines matières premières pour l’activité économique, l’appréciation globale des autorités monétaires reste une boussole supplémentaire pour les marchés afin de naviguer dans un environnement incertain. 

Aux États-Unis, pour la dernière réunion sous la présidence de Jerome Powell, après 8 ans à cette position, la Réserve fédérale (Fed) a maintenu sans surprise son taux directeur inchangé, mais a affiché un plus étonnant désaccord au sein du conseil de politique monétaire. En effet, si la position de Stephan Miran à la baisse des taux était attendue, la position des gouverneurs Hammack, Kashkari et Logan, jugeant le communiqué trop accommodant, s’est révélée plus surprenante. Ainsi, avec 4 membres sur 12 votants contre l’action de politique monétaire, la Fed a connu son taux de divergence au sein du conseil le plus important depuis octobre 1992. Un évènement qui renforcera l’intérêt concernant les détails des discussions qui seront fournis dans les Minutes publiées dans quelques semaines. 

Au Japon, la BoJ est dans une situation complexe. Engagée dans un mouvement de resserrement monétaire progressif depuis 2024 pour contrer le retour de l’inflation dans l’archipel, elle assiste à une forte hausse des taux longs sur la dette japonaise à des niveaux inconnus depuis plusieurs décennies, avec en parallèle, un affaiblissement continu du Yen. Malgré son statu quo, la forte révision des attentes d’inflation pour l’année 2026, liée à la dépendance de l’Asie aux approvisionnements énergétiques sortant du détroit d’Ormuz, a conduit 3 de ses membres à voter pour une hausse du taux directeur dès le mois d’avril. 

En Europe, la Banque d’Angleterre et la Banque centrale européenne ont aussi maintenu leur statu quo, respectivement à 3,75% et 2,15% pour le taux de refinancement. Là également, des biais haussiers sur la politique monétaire ont été marqués avec, pour la BoE, le vote d’un membre pour une hausse de taux, et pour la BCE, par le débat entre les gouverneurs évoqués par Christine Lagarde sur la possibilité d’une hausse de taux dès ce mois d’avril. Les deux institutions ont commenté leur positionnement et leur choix de temporiser par l’observation de la conjonction de pressions haussières à court terme sur l’inflation provenant des composantes énergétiques des prix, et du risque baissier sur l’activité qui, à l’inverse, pourrait peser sur la demande et limiter la transmission de ces pressions de court terme en effets de second tour. 

En définitive, au regard des commentaires relevés et à l’agrégation des mouvements de taux directeurs réalisés depuis le début de l’année, c’est une position d’attente qui prédomine dans notre panel : celle d’observer la diffusion réelle du choc inflationniste énergétique sur l’ensemble des composantes de l’indice des prix, mais l’attente de mesurer l’impact des contraintes actuelles sur les chaînes d’approvisionnement, voire de potentielles pénuries sur l’activité et la demande. Face à l’incertitude, ce sont aussi des comités de plus en plus divisés qui s’illustrent, avec des biais au resserrement des conditions de financement qui tendent à se renforcer. Des banques centrales prêtent à agir donc, à l’affût des publications illustrant un début de matérialisation d’effets de second tour sur les prix pour appuyer leurs actions.

« C’est une position d’attente qui prédomine dans notre panel »

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Attendre et voir
Rédigé par
Frédéric KLEISS 2025

Frédéric KLEISS
Responsable des Recherches

Sommaire

Analyse de l’évolution des marchés :
  • Obligataire par Tanguy JOUANNEAU
  • Actions Europe par Ambre SAADA
  • Actions Internationales par Stéphane DARRASSE
  • Le regard de l'analyste par Benjamin BIYOGO
Analyse Suivi Macroéconomique :
  • États-Unis par Éloïse GIRARD-DESBOIS et Sébastien BERTHELOT
  • Asie par Jean-Louis MOURIER
  • Europe par Éloïse GIRARD-DESBOIS et Jean-Louis MOURIER