"OnDécrypte l'Hebdo" - Retrait
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Découvrez l'intégralité de notre suivi des marchés de la semaine - 19 janvier 2026
Le 07 janvier dernier, le président Trump signait un décret ordonnant le retrait des États-Unis de 66 organisations internationales qui, selon la Maison Blanche, « ne servent plus les intérêts américains ». Ce décret s’inscrit dans une double continuité : celle de la reprise en main du Politique américain par une utilisation exacerbée de ces décrets présidentiels évoquée dans notre édito du 05 janvier, et celle du désengagement accéléré des États-Unis des instances multilatérales déjà amorcé en 2025.
Ce décret est donc loin d’être une surprise. Le 04 février 2025, dans son « ordre exécutif » 14199, le président américain avait déjà ordonné la fin de la participation des États-Unis à plusieurs institutions des Nations Unies, à savoir le Conseil des droits de l’Homme (UNHCR), l’Organisation pour l’Éducation, la Science et la Culture (UNECSO) et l’Office de secours et de travaux pour les réfugiés de Palestine dans le Proche Orient (UNRWA), seulement quelques jours après avoir décrété la sortie de son pays de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).
Cet ordre exécutif contenait également la planification d’une revue complète des organisations intergouvernementales internationales dont sont membres les États-Unis, afin d’évaluer si ces instances étaient toujours alignées avec les intérêts américains. C’est donc à l’issue de cette revue que l’administration américaine a de nouveau marqué sa prise de distance avec le Multilatéralisme en ce début d’année, ciblant en particulier certains sujets spécifiques.
En effet, ce désengagement n’est pas total, mais cible des domaines régulièrement dénoncés par la Maison Blanche, à savoir l’environnement (GIEC, Agence Internationale des Énergies Renouvelables, Convention cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique…), les questions sociales (UN Femmes, UN Habitat, le Fonds pour la Population…), économiques (CNUCED, International Trade Center…) voire même des organisations faisant la promotion de la démocratie, de la paix ou du droit international (Fonds et Commission pour la Paix, Fonds pour la Démocratie, Commission du droit international…).
Ce décret s’inscrit dans la continuité de la politique de primauté des intérêts nationaux américains, doctrine rappelée début 2026 dans la « Stratégie sur la Sécurité Nationale », document clef dans la lecture de la politique extérieure de l’administration américaine. Un désengagement du multilatéralisme qui contraste de plus en plus avec les autres membres du bloc occidental, autres grands contributeurs aux fonds et instances de ces organismes internationaux. Un isolement assumé par les États-Unis qui s’est traduit également en ce début d’année par la menace explicite d’annexion du Groenland vis-à-vis de son propre allié et membre de l’OTAN danois, ainsi que par les menaces d’imposition de droits de douane sur ses partenaires européens qui s’opposent à cette démarche.
Une réorganisation du Monde, déjà illustrée lors du précédent G20 que nous avions également évoqué en fin d’année dernière, et qui semble s’accélérer sous l’impulsion de la poursuite des intérêts stratégiques nationaux des États-Unis.
Rédigé par
Frédéric KLEISS
Responsable du pôle Recherche
Sommaire
Analyse de l’évolution des marchés :
- Obligataire par Lucas COUVERT
- Actions Europe par Antoine PEYRONNET
- Actions Internationales par Florian THAVEL
- Le regard de l'analyste par Félix LAROCHE
Analyse Suivi Macroéconomique :
- États-Unis par Sébastien BERTHELOT
- Europe par Eloïse GIRARD-DESBOIS et Jean-Louis MOURIER
- Asie par Louis MARTIN