Environnement économique - Juin 2026

Environnement économique

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Un accord de paix fragile est entré en vigueur

Nos perspectives économiques et financières

Nos perspectives économiques et financières de mi‑année s’inscrivent dans la continuité de notre grille de lecture stratégique, marquée par un monde plus politique, plus régionalisé et engagé dans une quête accrue de souveraineté. Le choc lié aux tensions dans le détroit d’Ormuz constitue une nouvelle étape, révélant les vulnérabilités différenciées des économies et renforçant la nécessité d’adaptation des modèles de croissance. Cette dynamique entretient une inflation plus persistante et maintient une pression élevée sur les coûts de financement, dans un environnement d’endettement déjà contraint. Les impacts sur la croissance demeurent hétérogènes selon les zones, mais confirment une polarisation accrue des foyers de croissance. Dans ce contexte, les banques centrales voient leurs marges de manœuvre limitées et doivent arbitrer entre stabilité des prix et soutien à l’activité, dans un environnement marqué par une incertitude durable.

Le mois de juin a été marqué par un début d’apaisement des tensions au Moyen-Orient, avec la signature d’un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran, contribuant à atténuer les craintes immédiates sur les prix de l’énergie. Malgré cela, les tensions inflationnistes restent élevées, en lien avec la diffusion progressive du choc énergétique dans les différentes économies. Dans ce contexte, les banques centrales ont globalement durci leur position : la Réserve fédérale et la Banque d’Angleterre ont maintenu leurs taux inchangés tout en adoptant un ton plus restrictif, tandis que la Banque centrale européenne et la Banque du Japon ont relevé leurs taux directeurs de 25 points de base. Sur le marché des changes, l’euro a baissé de 2,2% sur le mois contre le dollar, à 1,1394. Le prix du baril de Brent a chuté de 20,8% par rapport au mois précédent, à 72,92$.

 

USA

Aux États-Unis, la Réserve fédérale a maintenu sa fourchette de taux directeurs inchangée en juin (à [3,50 % ; 3,75 %]) lors de la première réunion présidée par Kevin Warsh, tout en adoptant un ton moins accommodant. Les projections des membres du FOMC suggèrent désormais une possible remontée des taux d’ici fin 2026, traduisant une faible tolérance à de nouvelles surprises inflationnistes. Parallèlement, le nouveau président a engagé un changement de méthode, avec une réduction marquée des indications prospectives (forward guidance), rendant la politique monétaire moins prévisible. L’inflation a poursuivi son accélération en mai, à 4,2%, sous l’effet des prix de l’énergie, tandis que la diffusion aux autres composantes demeure encore limitée. L’activité économique reste globalement résiliente malgré un léger ralentissement de la production industrielle. Le marché du travail demeure solide, avec des créations d’emplois soutenues et un taux de chômage stable. Enfin, l’annonce d’un accord de cessez-le-feu avec l’Iran pourrait contribuer à atténuer les tensions sur les prix de l’énergie à court terme.

 

EuropeAu Royaume-Uni, la démission de Keir Starmer du poste de Premier ministre marque une nouvelle phase d’instabilité politique. Andy Burnham, Maire de Manchester, apparait à ce stade comme favori. Si plusieurs candidats se présentent, un vote interne au Parti travailliste aurai lieu dans les prochaines semaines. Dans ce contexte, l’inflation est restée stable en mai à 2,8%, mais la diffusion du choc énergétique se confirme, notamment via une accélération des prix des transports. En parallèle, la progression des salaires continue de ralentir, limitant à ce stade le risque de boucle prix-salaires. La Banque d’Angleterre a maintenu son taux directeur inchangé, mais les votes au sein du comité suggèrent un biais progressivement plus restrictif.

En zone euro, l’inflation a poursuivi sa hausse en mai pour atteindre 3,2%, après 3,0% en avril, portée par l’accélération des prix des services, tandis que l’énergie continue de contribuer à la hausse des prix. Dans ce contexte, la Banque centrale européenne a relevé ses taux directeurs de 25 points de base, tout en révisant à la baisse ses perspectives de croissance et à la hausse ses projections d’inflation. L’activité reste peu dynamique, malgré une stabilisation récente suggérée par les enquêtes, le PMI composite demeurant proche de la zone de contraction. La production industrielle progresse faiblement, dans un environnement de demande encore dégradée. Sur le plan budgétaire, la Commission européenne a introduit davantage de flexibilité pour permettre aux États de financer les mesures de soutien face au choc énergétique.

 

ASIEEn Chine, les indicateurs d’activité signalent une dynamique contrastée. La production industrielle accélère en mai, soutenue par les secteurs technologiques, mais la demande intérieure reste fragilisée, comme en témoignent la baisse des ventes au détail et la contraction accrue de l’investissement. Dans le même temps, les pressions déflationnistes continuent de s’atténuer, avec une inflation stable et une nette accélération des prix à la production. Sur le plan économique, les autorités ont annoncé de nouvelles mesures visant à renforcer l’internationalisation du yuan, dans un contexte de tensions commerciales persistantes avec les États-Unis. Au Japon, la Banque centrale a relevé son taux directeur, tout en maintenant un biais restrictif face aux risques inflationnistes. L’activité reste bien orientée, comme l’indique le rebond des enquêtes, tandis que les tensions sur les coûts se renforcent. Parallèlement, le gouvernement a présenté un plan d’investissement de grande ampleur, au moment où les incertitudes autour de l’indépendance de la banque centrale s’accentuent.

 

Sources des données : Datastream, Bloomberg, US Bureau of Labor Statistics, US Bureau of Economic Analysis, Office for National Statistics, Eurostat, BCE, S&P Global, Statistics Bureau of Japan, Japan Cabinet Office, National Bureau of Statistics of China. 

Rédigé par

Eloïse GIRARD-DESBOIS
Analyste économique
Le 1er juillet 2026